
Baseé à Labège près de Toulouse, Reev développe avec sa filiale américaine une orthèse motorisée du genou.
Crédits : ©Reev
Fondée en 2021 à Toulouse, Reev développe une orthèse motorisée du genou qui pourrait transformer la vie de millions de personnes atteintes de troubles de la marche. Après avoir levé plus de 12 millions d’euros au total, l’entreprise mène t ses essais cliniques aux États-Unis, en partenariat avec le MIT et Boston University. Son ambition : commercialiser rapidement un dispositif léger et personnalisé, à la croisée de la robotique médicale et de l’IA.
Une opportunité marché identifiée au bon moment
Les exosquelettes sont passés de la science-fiction à un marché structuré, mais les dispositifs existants restent lourds, encombrants et inadaptés au quotidien. C’est ce constat qui a conduit Amaury Ciurana à lancer Reev. Formé à l’Isae-Supaero, à Polytechnique, à HEC puis à Berkeley, cet ingénieur a été touché par le fossé entre la rééducation hospitalière intensive et la réalité à domicile où les patients se retrouvent le plus souvent sans solutions adaptées. L’aventure a pris ses racines dans un projet étudiant à l’Isae-Supaero, portant sur la conception d’un exosquelette pour des enfants handicapés moteur. C’est là qu’Amaury Ciurana a rencontré Robin Temporelli, ingénieur aérospatial, PH.D en mécatronique, passé par l’automobile puis par Airbus et aujourd’hui CTO de Reev. Les deux associés ont lancé l’entreprise depuis la pépinière de l’école. Une première levée de fonds de 3 millions d’euros est réalisée en 2023 menée par Polytechnique Ventures, IRDI Capital Investissement, Newfund et des business angels. L’entreprise dont le siège social est situé à Labège près de Toulouse est également accompagnée par la Région dans le cadre du Contrat de filière Santé. Elle a été lauréate du prix EY 2025 dans la catégorie Start-up de l’année pour la région Occitanie.
Le pari Boston
En janvier 2023, Reev intègre l’accélérateur américain Techstars Future of Longevity. Amaury Ciurana part deux mois à Boston sans aucun réseau, frappe à toutes les portes - entrepreneurs, investisseurs, MIT, Boston University - et noue ainsi les partenariats qui guideront l’entreprise. Le choix des États-Unis comme marché cible n’est pas anodin : 1,5 million de patients ont des séquelles de marche, il y a plus de 7 000 cliniques de rééducation ainsi qu’une évolution de Medicare rendant les orthèses électroniques du genou éligibles au remboursement dès 2026.
Reev Sense : un premier pied dans le marché
Avant Dreeven, son orthèse motorisée principale, Reev a lancé Reev Sense : deux capteurs placés sur les chaussures du patient, connectés à une application mobile, qui transmettent en temps réel des données d’analyse de la marche aux cliniciens. Une stratégie d’entrée marché qui a déjà permis de vendre 100 unités. Une étude de validation publiée dans la revue Sensors (MDPI), menée avec le MIT auprès de 14 participants post-AVC, vient de confirmer la fiabilité du dispositif de « gait tracker » (suivi de la marche) de Reeve Sense.
Dreeven : une technologie issue de l’automobile
Le cœur de l’innovation réside dans Dreeven, une orthèse motorisée qui intègre une technologie de direction assistée électrohydraulique, initialement issue de l’industrie automobile. Elle amplifie le mouvement du patient au moment de l’effort pour se lever ou monter des escaliers. Contrairement aux exosquelettes traditionnels conçus selon une logique « one size fits all », Reev motorise une orthèse personnalisée, fabriquée sur-mesure. La commercialisation aux États-Unis est prévue en 2026. Des expérimentations en France dans des structures médico-sociales sont également en projet ainsi qu’une demande de certification et de commercialisation en France et en Europe à l’horizon 2027.
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