Les brèves

Mon voisin me régale cultive le goût des pâtes locales

Créée par trois agriculteurs du Lauragais, la marque Mon voisin me régale incarne une nouvelle approche de la production de pâtes. L’entreprise occitane mise sur le circuit court, le goût artisanal et la haute valeur environnementale. Elle a l’objectif de régaler le grand Sud-Ouest et d’améliorer le revenu des agriculteurs.

La marque Mon voisin me régale fabrique une gamme de pâtes à partir du blé du Lauragais

Crédits : ©Mon voisin me régale

C’est une histoire profondément ancrée dans le terroir du Lauragais, ce "grenier à blé dur" balayé par le vent d’autan qui maintient l’épi sec même après des précipitations. En 2021, trois agriculteurs céréaliers - Cécile et Bastien Rivière ainsi que Xavier Duboul – décident de consacrer une partie de leur récolte à la production directe de pâtes. Un an plus tard, ils s’associent à Vincent Nis, directeur financier et commercial puis avec Florie Nis, en charge du packaging et du marketing.
À la création de l’entreprise, les fondateurs partent d’un constat simple : les coopératives ne rémunèrent pas suffisamment leur label HVE (Haute Valeur Environnementale). Les trois agriculteurs qui ont repris le flambeau familial décident alors de se passer d’intermédiaires, de fabriquer leur propre gamme de pâtes et de la vendre localement. La valeur reste ainsi sur le territoire et les agriculteurs sont mieux rémunérés (environ 35% au-dessus des prix pratiqués par les coopératives). « Cet équilibre économique, allié à une maîtrise industrielle et commerciale locale, constitue l’un des piliers de la durabilité du projet », explique Vincent Nis qui partage le slogan de l’entreprise : « Je vois loin, j’achète près ».
 

Éloge de la lenteur

Le blé est cultivé autour de Baziège en Haute-Garonne et dans l’ouest de l’Aude, transformé en farine dans une minoterie à Alzonne et les pâtes elles-mêmes sont produites dans l’usine de Castelnaudary. Dans cette usine semi-industrielle rachetée à Nutrinat, la fabrication est méticuleuse : pétrissage, pressage dans des moules en bronze et surtout séchage à basse température. Comme l’explique Vincent Nis, « les pâtes sèchent en fines couches dans des séchoirs à 45°C maximum, pendant 18 à 20 heures. Un choix radicalement différent des unités industrielles classiques où les pâtes sèchent en une heure à 110°C. À haute température, les propriétés nutritionnelles sont détruites. Au contraire, le séchage prolongé à basse température préserve les qualités organoleptiques et nutritionnelles du blé dur. »
 

Sur la bonne voie en 2026

Lentement mais sûrement, Mon voisin me régale se fait connaître. Sa gamme qui devrait s’élargir d’ici l’été et le nombre de points de vente va s’accélérer.
Aujourd’hui, 60 % chiffre d’affaires provient de la restauration hors domicile et 40 % de la grande distribution. La marque travaille directement avec les points de vente sur l’ensemble des magasins de la grande distribution et est en discussion avec l’enseigne Carrefour pour un référencement régional. Elle a développé des partenariats avec des distributeurs régionaux et des acteurs majeurs de la restauration collective : EpiSaveur (groupe Pomona), Trangourmet, Api Restauration ou encore Newrest, qui fournissent les collèges, lycées et restaurants d’entreprise.
« Pour 2026, les perspectives sont claires, précise Vincent Nis : élargissement de la gamme, consolidation du réseau de distribution et nouveaux débouchés pour les producteurs locaux. Quand on se lance dans l’entrepreneuriat, on estime que les choses ne vont jamais assez vite, mais nous sommes sur la bonne voie ! ». Actuellement, la capacité de production n’est pas utilisée à plein. L’exercice en cours, qui s’achèvera le 31 juillet, vise 250 tonnes de production, soit un doublement en un an.
 

Le goût des protéines végétales

L’entreprise s’est d’abord fait connaître avec sa gamme de pâtes 100% blé dur -penne, torsades, coquillettes, macaroni - puis a innové avec les léguminettes, un mélange de blé dur et de pois jaune. L’association féculent et légumineuse permet une meilleure assimilation des protéines et des acides aminés par l’organisme, répondant aux recommandations des autorités de santé de consommer des légumineuses au moins deux fois par semaine. Dans la même logique, la gamme de légumineuses sèches comme les lentilles vertes ou les pois cassés répond à une demande croissante des consommateurs pour une alimentation plus végétale. L’entreprise met également en avant l’impact environnemental positif des légumineuses : leur culture améliore la qualité des sols en fixant l’azote naturellement, réduisant ainsi le besoin en engrais pour les cultures suivantes. Cela diminue la consommation d’azote, l’utilisation d’énergies fossiles et les émissions de gaz à effet de serre.