Les brèves

Petits trajets, grands changements : la révolution des mobilités en Occitanie

Douces, actives ou partagées, les mobilités sont en mutation. Face aux enjeux d’aménagement et d’urgence climatique, les collectivités, les entreprises et les citoyens expérimentent de nouvelles façons de se déplacer. Vélo, autopartage, transports collectifs : partout en Occitanie des initiatives émergent pour repenser les trajets du quotidien.

Une dizaine de lycées d’Occitanie testent le prêt de vélos à assistance électrique, une première nationale.

L’installation chaque année de près de 50 000 nouveaux arrivants en Occitanie impose de repenser les mobilités. Avec un réseau routier parfois saturé et deux métropoles parmi les plus attractives de France - Toulouse et Montpellier -, la région est particulièrement concernée par l’évolution des mobilités. Elle mise à fond sur liO, le réseau de transport en commun de la Région Occitanie, le vélo et de nouveaux usages des voitures.
 

La région du vélo

En septembre dernier, l’Ademe a publié deux études mettant en évidence le potentiel des modes actifs pour décarboner la mobilité quotidienne, et générer des bénéfices économiques et sanitaires significatifs.
 
En Occitanie, la Région encourage fortement l’usage du vélo. Un ensemble d’initiatives est engagé dans le cadre du Plan Régional Vélo II, qui mobilise une enveloppe de 100 millions d’euros. Les mesures portent notamment sur la poursuite des aménagements cyclables et l’expérimentation de nouveaux services destinés aux usagers. 

Le prêt de vélos à assistance électrique est testé depuis 2024 dans une dizaine de lycées ruraux ou périurbains d’Occitanie, une première nationale. Les élèves du Lycée Jean-Jaurès à Saint-Clément-de-Rivière (34) se sont montrés particulièrement intéressés. L’expérimentation s’étendra à quelques lycées supplémentaires à la rentrée 2026.

En parallèle, la Région développe l’intermodalité « train + vélo ». Depuis octobre 2025, un nouveau service de location de vélos longue durée est proposé. Il concerne deux lignes liO à forte fréquentation : la ligne Toulouse - Montauban (7 gares) et la ligne Sète - Montpellier (5 gares). Chaque usager régulier des trains liO peut ainsi louer un vélo - à partir de 15 euros par mois - et le stationner sur une place sécurisée dans une gare en amont ou en aval de son trajet en train.

Une filière économique portée par des entreprises innovantes

Le marché pour l’acquisition des 200 vélos lycéens et des 200 vélos liO a été attribué à un groupement d’entreprises régionales. Flying Cat, conçoit les vélos et sélectionne les composants, Actia fournit moteur et batterie, Optitec assure la peinture et Seridecal, les sérigraphies. L’assemblage est confié à Vélo Factory. Ce projet s’inscrit aussi dans la dynamique de la filière portée par Vélo Vallée, qui représente 1 000 emplois et 110 entreprises dont Fler Group, qui levé 1 million d’euros en 2025 ou Whish One Cycles, spécialisée dans les vélos Gravel haut de gamme.
 
 

Transports collectif, l’heure des grands travaux

L’Occitanie fait du train le pilier de son alternative à la voiture. En complément des futures infrastructures à grande vitesse - Ligne Nouvelle du Sud-Ouest et Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan -, l’offre TER liO a bondi de 70 % entre 2019 et fin 2025. « Il faut consolider la robustesse des infrastructures et combler les écarts hérités du passé », soulignait fin 2025 Jean Castex, président de la SNCF, en visite en Occitanie aux côtés de Carole Delga, présidente de la Région.
L’Occitanie a également lancé deux Services express régionaux métropolitains (SERM) à Montpellier et Toulouse pour renforcer l’intermodalité et améliorer les déplacements quotidiens à l’échelle métropolitaine et périurbaine.
Les transports urbains connaissent aussi de grands chantiers. À Montpellier, la ligne 5 du tramway, inaugurée fin 2025, représente 440 millions d’euros, 16 arrêts et vise 80 000 usagers par jour, avec en bonus un tunnel cyclable sous la Comédie, signe d’une priorité accordée aux modes de déplacement doux. À Toulouse, la future ligne C du métro - 27 km, la connexion à 5 gares SNCF- attend 200 000 voyageurs quotidiens dès 2028 pour un investissement de 3,1 milliards d’euros
 

Covoiturage et autopartage contre l’autosolisme

Selon le dernier baromètre de l’autosolisme de Vinci Autoroutes, 84 % des conducteurs sont seuls dans leur voiture aux heures de pointe. Le taux d’occupation moyen (1,25) reste loin de l’objectif fixé par la Stratégie Nationale Bas Carbone (1,75 d’ici 2030). Pour faire évoluer les habitudes, de nouveaux usages de la voiture émergent.

En Occitane, les Transports à l’Initiative Locale (TIL) gagnent du terrain. Ces services à la demande complètent les lignes liO en reliant zones rurales et arrêts fixes. La Région finance déjà plus de 20 territoires pour garantir une mobilité accessible à tous.

Via une plateforme partenaire de liO, le covoiturage est par ailleurs encouragé par une aide financière : le passager paie au maximum deux euros, le conducteur en reçoit au minimum deux, pour des trajets de moins de 30 km. L’aide sera prolongée sur la période 2026-2027 et étendue à quatre bassins de mobilité : Armagnac, Rodez, Alès et Mende. Dans ces zones, la Région testera une aide de 2 euros pour les trajets de moins de 50 km, en concertation avec la commission des opérateurs : BlaBlaCar Daily, Karos et Mobicoop.
 
L’autopartage se développe également, y compris en milieu rural. Deux territoires – les communautés de communes Aubrac Carladez Viadène et Pays d’Uzès – testent l’autopartage labellisé liO. À Laguiole (Aveyron), un véhicule électrique accessible est accessible à tous via l’application Clem’ permet des trajets dans un rayon de 100 km.

Nés à Montpellier et Toulouse, les acteurs historiques de l’autopartage Citiz et Modulauto se sont alliés en 2025. « Le marché étant peu lucratif, une guerre économique n’aurait aucun sens », explique Alexandre Jouaville, directeur général de Citiz. Ce partenariat donne accès aux deux services. À Toulouse, Citiz a porté sa flotte de 200 à 250 véhicules et étendu ses services à Cahors, Albi, Tarbes, Lourdes, Castelnaudary, Millau et Laurabuc. La coopérative a remporté des appels à projets pour implanter des stations aux terminus de métro et en première couronne, Blagnac ouvrira fin janvier 2026 avec six véhicules. Pour 2026, Citiz prépare une levée de fonds afin de porter son capital de 100 000 à 1 million d’euros. De son côté, Modulauto a ouvert 35 nouvelles stations en 2025, dont 26 dans la métropole montpelliéraine. D’ici 2028, 300 véhicules seront disponibles. Avec 5 000 utilisateurs en 2025, l’entreprise s’étend pour sa part dans l’Hérault, le Gard, l’Aude et les Pyrénées-Orientales.