
YellowScan permet de cartographier des zones situées
dans des environnements complexes.
Crédits : ©YellowStone
YellowScan est une entreprise discrète qui ne communique ni sur son chiffre d’affaires ni sur ses ambitions financières. Pourtant sa réussite fait parler d’elle. Basée à Saint-Clément-de-Rivière, près de Montpellier, la PME est progressivement reconnue comme un acteur mondial de niche dans un domaine stratégique : la cartographie 3D de précision embarquée sur drones. Comme l’explique Tristan Allouis, directeur général, « les drones équipés de LIDAR, connectés au réseau 5G, créent rapidement et avec une grande précision, un modèle numérique de terrain en 3D parfaitement à jour sur des surfaces de plusieurs hectares. »
Des origines tech solides et un modèle autofinancé
YellowScan trouve ses racines dans la thèse de doctorat de Tristan Allouis sur la cartographie forestière par LiDAR et une expertise en ingénierie informatique et électronique. En 2012, le jeune ingénieur et docteur est recruté par l’entreprise L’Avion Jaune qui propose des prestations de cartographie aérienne. À l’époque, en 2012, les drones grand public comme ceux du chinois DJI n’existaient pas encore et le marché des drones n’en était qu’à ses tout débuts. Comme le raconte aujourd’hui Tristan Allouis, « une fois le projet développé, nous avons décidé de créer une nouvelle structure pour l’industrialiser. » Tristan Allouis est aujourd’hui à la tête d’une entreprise qui compte un plus de 80 salariés.
Rentable dès ses débuts, YellowScan finance sa croissance sur fonds propres et prêts bancaires, sans recours aux levées de fonds pour garder un haut niveau de contrôle technologique. « Notre objectif, poursuit Tristan Allouis, est continuer à investir en R&D pour développer des capteurs sur mesure répondant à des besoins spécifiques, tout en renforçant nos solutions logicielles pour le traitement et la valorisation des données. »
Une technologie au cœur des enjeux environnementaux
L’un des produits les plus emblématiques de cette stratégie est Navigator, lancé en 2024 et qui a bénéficié des financements régionaux et européens FEDER. Ce système LiDAR bathymétrique, utilisant un laser vert capable de pénétrer l’eau, permet de cartographier les fonds marins peu profonds, là où les bateaux équipés de sonar ne peuvent pas intervenir. L’intérêt est à la fois scientifique, économique et environnemental. Les zones côtières, particulièrement exposées à l’érosion et aux effets du changement climatique, sont aussi parmi les moins bien cartographiées. YellowScan propose une solution pour mieux comprendre ces dynamiques et accompagner les politiques d’aménagement et environnementales. Cette orientation n’est pas anodine : l’entreprise revendique clairement un positionnement civil, centré sur la protection de l’environnement et la connaissance des territoires, même si certaines applications restent duales, notamment en matière de sécurité ou de déminage.
Une croissance tirée par l’international
Le développement de YellowScan s’appuie avant tout sur l’export. L’entreprise réalise 97% de son chiffre d’affaires à l’international et compte des clients dans plus de 60 pays. Ses principaux marchés couvrent les géomètres, topographes, bureaux d’études, universités et services hydrographiques nationaux. Elle s’inscrit également dans un écosystème industriel élargi, en nouant des partenariats avec des fabricants de drones comme Delair, afin de proposer des solutions complètes.
Cette forte présence à l’international contraste avec sa relative discrétion en France, un paradoxe que l’entreprise entend aujourd’hui corriger. Le renforcement de sa notoriété nationale figure désormais parmi ses priorités, avec dans son viseur des acteurs publics comme l’IGN ou le SHOM, Service hydrographique et océanographique de la Marine. Une dizaine de recrutements sont prévus en 2026, principalement sur des profils d’ingénieurs et de commerciaux.
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