Les Talents d’Occitanie

Syselec ancre sa production en Occitanie et prépare son expansion

Implanté dans le Tarn, le Groupe Syselec produit des cartes électroniques pour des industriels nationaux et régionaux comme Pollux ou Anyos. L’entreprise sécurise ses approvisionnements et attend l’apaisement au détroit d’Ormuz pour lancer une nouvelle unité de production.

Le groupe Syselec prévoit de construire une nouvelle unité de production sur son site industriel de Castres.

Crédits : ©Groupe Syselec

Le virage a été amorcé faute de place. À Labruguière, son site historique tarnais était devenu trop exigu pour accompagner sa croissance. Le Groupe Syselec a donc investi le Causse, où il exploite aujourd’hui une unité de production de 3 000 m², complétée par 1 000 m² de bureaux, sur un foncier de 3 hectares. L’organisation industrielle s’est structurée en deux pôles : d’un côté, la fabrication de cartes électroniques sur le nouveau site ; de l’autre, le câblage d’armoires électriques et l’assemblage mécanique, restés à Labruguière.
 

Un projet prêt à démarrer, mais sous condition

C’est une configuration transitoire car l’étape suivante est déjà dessinée : une nouvelle unité de production de 4 000 m², destinée à regrouper les activités et à absorber la montée en charge. Le foncier est disponible, le projet calibré. Mais le groupe temporise. En ligne de mire : la crise du détroit d’Ormuz qui pèse sur les chaînes d’approvisionnement de l’électronique. « Nous lancerons lorsque la situation sera stabilisée », résume Fabrice Castes, président de Syselec qui a reçu en février la visite de Benjamin Hadad, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé de l’Europe. Celui-ci voulait saluer le travail de Syselec et mettre en avant la souveraineté industrielle et la fabrication de cartes électroniques en France.
 

Une dépendance structurelle aux composants

Comme toute la filière, Syselec a encaissé la crise des composants de 2022-2023, dans le prolongement du Covid, puis les effets de la guerre en Ukraine. Résultat : une activité chahutée et une visibilité réduite. Aujourd’hui, la production tient, mais sous contrainte. Les délais d’approvisionnement oscillent entre 12 et 42 semaines, imposant une planification très en amont. En toile de fond, une dépendance forte à l’Asie pour les composants électroniques, elle-même liée à des ressources critiques comme l’hélium, issu notamment des gisements gaziers du Qatar et de l’Iran. Les effets dépassent l’électronique : plastiques et pièces électromécaniques sont également concernés.
 

Anticiper pour continuer à produire

Dans ce contexte, l’entreprise a changé de braquet. Les commandes se projettent désormais à long terme, parfois jusqu’en 2029. Et les pratiques évoluent : certains clients financent directement les stocks de composants pour sécuriser leurs approvisionnements. À ce stade, Syselec parvient à maintenir sa production et son carnet de commandes. L’entreprise travaille principalement pour des industriels, en Occitanie et au niveau national, avec une part importante de projets innovants. Depuis 2013, la stratégie consiste à s’ancrer dans l’écosystème régional et à multiplier les collaborations, avec des acteurs régionaux comme Polux, Apisolis, Anyos ou Humidistop.
En une décennie, le groupe est passé de 3,5 à 10,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, et de 17 à 43 salariés. Une trajectoire solide que la future extension doit prolonger dès que l’horizon géopolitique se dégagera.