
Le rover européen MONA LUNA sera équipé de roues hyper-déformables capables de résister à des conditions extrêmes.
Crédits : © Venturi Romero
C’est à Toulouse que Venturi Space a choisi de construire son nouveau centre de technologies. La société, dont le siège est à Monaco et qui dispose également d’une antenne en Suisse romande, est déjà présente dans la Ville rose depuis deux ans et demi, sur le parc technologique du canal à Ramonville.
À partir de 2028, elle s’installera à Toulouse dans un nouveau bâtiment de 16 000 m² situé à Montaudran, sur la piste des Géants. Le site sera consacré à l’assemblage de ses astromobiles et à la fabrication de technologies critiques : batteries haute performance, roues hyper-déformables, systèmes de gestion embarqués, avionique, électronique embarquée et liaisons au sol. L’ensemble du cycle, de l’intégration finale aux tests d’acceptation au vol spatial, y sera réalisé.
Le renouveau de l’exploration spatiale
Pour le président de Venturi Space, Gildo Pastor, l’annonce faite lors du sommet de l’attractivité économique Choose France début juin 2026 marque un tournant : « J’ai toujours cru que la mobilité serait l’une des clés de l’exploration spatiale. Aujourd’hui, la dynamique est là, la mobilité sera l’une des clés de l’exploration spatiale. Avec cet investissement et la création de près de 200 emplois, Venturi Space franchit une étape décisive. Nous avons les technologies, l’expérience, les partenaires et, prochainement, l’outil industriel pour aller plus loin » a-t-il affirmé, convaincu que Toulouse va continuer à porter la filière spatiale européenne. Pour le Dr Antonio Delfino, directeur des Affaires Spatiales, le site toulousain « sera le vaisseau amiral de Venturi Space en Europe. Il jouera un rôle central dans notre capacité à répondre aux exigences des programmes lunaires américains et européens. »
Ne pas choisir entre la NASA et l’ESA
En 2021, après deux décennies dans les véhicules électriques terrestres, Gildo Pastor avait fait le choix de faire pivoter l’entreprise vers l’industrie spatiale, avec l’ambition de collaborer avec les agences spatiales américaine et européenne : la NASA et l’ESA. Côté États-Unis, la NASA a retenu le rover CLV-1 pour transporter des astronautes à la surface de la Lune à partir de 2028, dans le cadre du programme Artemis. Avant cela, le rover de démonstration FLIP (FLEX Lunar Innovation Platform), plus petit et conçu pour tester en conditions réelles les technologies qui équiperont le CLV-1 sera déposé au pôle Sud de la Lune d’ici six à huit mois, via l’atterrisseur lunaire Griffin-1 de la société américaine Astrobotic, société américaine spécialisée dans le transport lunaire. Ces véhicules embarquent des technologies conçues et fabriquées à Toulouse.
Côté Europe, Venturi Space contribue aux travaux préparatoires des futurs rovers lunaires dans le cadre d’un contrat signé avec l’ESA. Cette ambition prend forme avec MONA LUNA, un astromobile 100 % européen présenté au Bourget en 2025, conçu pour être lancé par Ariane 6.4 et déposé sur la Lune via l’atterrisseur Argonaut à l’horizon 2030. Le rover sera équipé de roues hyper-déformables développées par Venturi Space : increvables, capables de supporter deux tonnes à 15 km/h, résistantes aux radiations et fonctionnelles sans atmosphère jusqu’à -240°C. Objectif : une mise en service au pôle Sud avant 2030.
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